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samedi 19 novembre 2011

Simone Martini et Lippo Memmi, L'Annonciation des Offices

Grâce au Art Project de Google (faut-il aimer Google ou en avoir peur ? Je n'en sais trop rien. Robert Darnton nous inviterait plutôt à la prudence en ce qui concerne le projet de numérisation des bibliothèques , l'idée de faire dépendre un tel projet d'une seule entreprise privée lui semblant sujet à réflexion. Quoi qu'il en soit, le "Art project" offre un résultat vraiment impressionnant), on peut explorer l'Annonciation des Offices, fruit de la collaboration de Simone Martini et Lippo Memmi.


Après cette reproduction qui vaut ce qui vaut...
allez donc faire un tour du côté de la page d'art project - à laquelle on reprochera cependant de négliger les deux parties droite et gauche de l'oeuvre.
Quand j'aurai le temps, j'irai faire un tour dans le bouquin de Daniel Arasse sur l'Annonciation italienne.
Citons en attendant la légende qui accompagne la reproduction de l'oeuvre dans son ouvrage de jeunesse L'homme en perspective (1978).
L'importance de l'oeuvre tient à la netteté de son choix esthétique, radicalement différent du giottisme. L'effet, l'efficacité de l'image sont dus au rythme linéaire fondé sur la courbe du manteau de Marie qui répond à celle de l'ange : le retrait et l'avancée sont exprimés par le contour plus que par un geste "psychologique" : il en résulte un balancement équilibré où se joue la vie de l'oeuvre. Parfois ressentie comme un signe de proche décadence par suite de son élégance trop "maniérée", l'Annonciation est en fait une oeuvre nouvelle par la subtilité de ses notations spatiales : la main de l'ange, le rameau d'olivier, la branche de lis et le vase présenté obliquement créent la profondeur par superposition, tandis que la précision méticuleuse du détail (marqueterie du trône, livre ouvert, marbre du pavement) garantit la présence de la représentation.
Daniel Arasse, L'homme en perspective,  Hazan, 2008, p.270-271

samedi 29 janvier 2011

Robert Campin - Le Maître de la Flemalle



Le retable de Mérode, Metropolitan Museum of Art, New York

On pourra explorer l'oeuvre grâce au art project de google.

De nouveau de belles pages chez Panofsky sur Robert Campin, le maître de la Flemalle.
Glâné au hasard de la lecture :
- l'usage d'une perspective outrée qui aboutit finalement à une négation de la profondeur (mis en parallèle avec l'usage de la perspective chez Gauguin ou Van Vogh : usage identique mais pour des raisons diamétralement opposées).
- Une horreur du vide : l'espace est rempli de part en part. Toujours en relation avec la construction encore imparfaite d'un espace perspectif (en opposition avec ce qu'on trouvera ensuite chez Van Eyck)
- la question de l'éclairage dans les portraits : le contraire de ce que fera en général Van Eyck, c'est-à-dire un éclairage venant de la direction que regarde le personnage. Effet de contraste fort qui aboutit à un écrasement lumineux du côté éclairé.
- Les peintures de statues en grisaille : le jeu qui s'établit entre la peinture et la sculpture, en liant avec la conquête de l'espace - mise en parallèle avec les sculptures de Claus Sluter à la Chartreuse de Champmol à Dijon. (avec cette remarque intéressante que les peintures représentées dans les toiles des primitifs flamands sont monochromes, ce qui est encore rare à l'époque et ce qui fait supposer que ce sont les peintures dans l'atelier du sculpteur, avant d'être peintes, qui sont représentées).