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mardi 3 janvier 2017

L’iconoclasme à Byzance // Marie-France Auzépy

Je reviens ici après un très long temps de silence.
Toujours la même idée : glâner des documents qui pourront servir à réflexion sur les thèmes qui m'intéressent.
Je reviens notamment à la question de l'image, de la représentation et de son interdiction avec la très belle, très dense et très instructive conférence de Marie-France Auzépy sur l'iconoclasme à Byzance. 
https://vimeo.com/70466797 

J'essaierai d'en faire dans les semaines qui viennent une prise de note...

J'ajoute une autre vidéo de la même Marie-France Auzépy que je n'ai pas encore écoutée, mais à coup sûr intéressante.

 

vendredi 30 décembre 2011

Marie-José Mondzain, Qu'est-ce voir une image ?

Une conférence à l'Université de tous les savoirs de Marie-José Mondzain sur "Qu'est-ce que voir une image ?" (2004)
N'ayant pas réussi à mettre sur le post la conférence, il suffira de cliquer pour la voir.

Je reprends la présentation de sa conférence sur le site :

Qu'est-ce que voir une image ?

On associe spontanément l'image à la vision parce que nous identifions aussi naturellement image et spectacle. Les choses ne sont pas si simples. L'histoire théologique et philosophique témoigne de la vivacité des débats qui opposèrent les défenseurs de l'image à leurs adversaires. Tous défendirent l'image, reconnaissant en elle une opération structurante, mais pour les uns elle devait rester invisible alors que pour les autres la visibilité était sa condition nécessaire.

Est-il possible de concevoir un traitement du visible qui respecte l'invisibilité de l'image ? Si c'est le cas, il faut donc reprendre la définition différentielle de l'image et du visible pour construire la question du sens partagé dans l'expérience sensible ? Si le visible est déterminé par la vision, il est en effet irréductible au partage. La question qui porte sur le voir ne peut échapper à celle qui porte sur la parole elle-même. Ne faut-il pas dire alors que voir une image c'est partager le visible par l'usage de la parole ? Voir une image c'est déjà voir ensemble ce qui est montré à des sujets parlants. Dès lors on peut revenir à l'analyse de ce qui permet de distinguer non seulement image et vision mais aussi image et spectacle.

Les controverses actuelles qui traversent le monde du spectacle montrent clairement que la question : « qu'est-ce que voir une image ? » revient à demander : qu'est-ce qu'un spectateur et quelle est sa place ? Est-il toujours reconnu quand on lui donne à voir dans sa situation de sujet de la parole et de la pensée ?

samedi 15 janvier 2011

Jack Goody, La peur des représentations, entretiens dans Sciences humaines

Entretiens de Jack Goody avec Nicolas Journet, Sciences Humaines, Hors-série, Le Monde de l'image

Prise de notes

- Refus de considérer que certaines civilisations seraient en soi aniconiques : tolérance du judaïsme pour l'image peinte, mais non gravée ; les crises iconoclasmes du christianisme (VIIIe byzantin, XVIe protestant); aniconisme du bouddhisme primitif (avant la venue des Grecs et la civilisation des Koushans/Kouchans).

- Pour Goody, le problème se trouve dans la représentation elle-même, dans la fabrication et l'usage des images, qui entraîne une attitude ambivalente : rejet (ou indifférence) ou culte. Toute image - ou toute représentation - est suscepte d'infidélité, de facticité.

- refus de l'image et représentation du sacré : pourquoi l'iconoclasme touche d'abord le sacré ? parce que le sacré est en soi ce qui ne doit pas être mis en doute. Par exemple, même dans les cultures iconiques, le dieu suprême a tendance à ne pas être représenté : Brahma dans l'hindouisme ; dans l'Afrique subsaharienne, les dieux secondaires ou animales, les ancêtres sont représentés mais pas le dieu créateur - ou sous une forme géométrique.
- Problème logique inhérent à la représentation du dieu suprême, supposé précédé toute réalité créée.
- Problème d'usurpation du pouvoir créateur divin ; ambiguïté du culte rendu aux "fétiches" : qu'est-ce qui est adoré ? La divinité, réalité supérieure à l'homme, ou le pouvoir créateur humain ? D'où, le recours à des solutions comme celle où l'image "trouvée" - acheiropoiète - est valorisée (dans le christianisme orthodoxe, dans l'hindouisme) car elle échappe à toute intention humaine et ne peut donc tromper (les vierges noires, le saint suaire, les lingam hindouistes) - passage d'une logique de l'image à celle de la relique, qui est fragment de l'objet du culte.
- Problème du statut de l'image photographique, image produite sans la main de l'homme.

- Le statut de l'image dans les sociétés sans écriture : pour la plupart, elles pratiquent des arts figuratifs. Mais certaines, non (les Tallensis du Ghana par exemple qui ne produisent que des symboles abstraits géométriques). Pour Goody, ce n'est une ignorance de la figuration, mais un choix de s'en passer. Ce rejet pour Goody est ici de nouveau motivé par une inquiétude face à l'ambivalence des images, occupant une place entre mensonge et vérité.

- La question des images qui échappent à la question de la vérité : l'espace de la fiction.
- Cas de sociétés iconodules cultivant l'image sacrée, mais ne pratiquant pas l'image profane (l'Italie d'avant le XVe)

- Le problème des images se pose de la même façon pour le théâtre ou le roman.