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dimanche 1 mai 2011

Histoire du français en Afrique, Louis-Jean Calvet - résumé chapitre 8

Ch.8 Le temps des indépendances : les politiques linguistiques

Distinction entre les politiques linguistiques officielles et les pratiques sociales.

Langues officielles et langues nationales

Comment gérer, dans le cadre du plurilinguisme africain, les rapports à la langue française, la promotion des langues locales, la formation des jeunes générations, le développement du pays ?

Exception faite de la Guinée, du Rwanda et du Burundi,

Le français est adopté comme langue officielle (langue d’enseignement, de l’administration, de la politique, de la justice)

Dans la réalité, le français n’est pas nécessairement toujours langue officielle (Bénin, Togo, et surtout la Guinée)

Extraits de la constitution de différents pays : présence du français comme langue officielle et affirmation de la volonté d’une promotion des langues nationales – comparaison possible avec la Suisse (opposition entre les langues nationales qui sont régionales et les langues officielles qui ont un statut confédéral – question du romanche.

Définition facile de la langue officielle/ difficulté de définir la langue nationale :

- Langue nationale : toutes langues du pays (Cameroun, Gabon)/ certaines seulement (Burkina, Sénégal)

- Langue nationale et officielle : le kirundi (Burundi), le kinyarwanda (Rwanda),

- Langues nationales véhiculaires : lingala et kituba au Congo-Brazzaville

- Langues nationales d’intercommunication (Bénin)

- Absence de référence à une langue nationale (Centrafrique)

Quelles politiques linguistiques ?

Nécessité de prendre en compte à la fois la réalité linguistique locale :

- Cameroun, Congo : richesse linguistique exceptionnelle

- Rwanda, Burundi : langue d’unification

- Centrafrique : langue véhiculaire largement dominante – sango.

et la politique adoptée face aux langues nationales :

- Cameroun : reconnaissance de toutes les langues comme langue nationale

- Congo : choix de 4 d’entre elles.

Nazam Halaoui : distingue entre 3 politiques :

- Politique d’expectative

- Politique de contribution

- Politique d’engagement

- Pol. d’exceptative : Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon

- Pol. de contribution : choix de confirmer la politique coloniale en conservant le français comme langue officielle

mais mènent aussi une politique de promotion des langues nationales (programme d’alphabétisation, de recherche, exp. d’enseignement dans ces langues) : Mali, Niger, Burkina Faso

- Pol. d’engagement : volonté de réduire la place de la langue coloniale en faveur des langues africaines : Burundi, Rwanda.

Calvet souligne la prédétermination de ces politiques linguistiques : Burundi, Rwanda (pays monolingues), Mali et Niger : peu de langues ; présence ou absence de langue véhiculaire.

Importance aussi des choix politiques :

Quadruple impératif :

- Rapport avec la langue française

- Promotion des langues locale

- Formation des jeunes générations

- Développement du pays

Lien avec la question de l’alphabétisation : expériences de l’Unesco montrant l’importance d’une alphabétisation dans la langue maternelle (notion d’analphabétisme de retour) et en tenant compte du devenir professionnel des apprenants.

Congrès mondial sur l’éradication de l’analphabétisme à Téhéran (1965) : lien entre l’alphabétisation et le dvpt éco en travaillant dans les langues locales – alphabétisation fonctionnelle.

Exemple du Mali

Les cas de la Guinée et du Rwanda

Guinée de Sékou Touré : rupture avec la France en 1958. Programme d’alphabétisation fonctionnelle avec l’aide de l’Unesco. Résultats peu probants

Programme de scolarisation : 1968 – alphabétisation dans les langues africaines, introduction du français en 3e année, enseignement en français au secondaire.

Projet d’introduire les langues africaines (8, puis 6 à partir de 1976) dans le secondaire – en réalité effectué en 1983.

Mort de Sékou Touré en 1984 : fin de l’expérience.

Echec qui s’explique par des pbs techniques et politiques

Rwanda : à Kigali 56% des habitants ne parlent que kinyarwanda, 88% dans tout le pays.

20% aussi français

24% le kiswahili

9% anglais

bilingue français/kinyarwanda depuis l’indépendance ; après le génocide de 1994, retour de population immigrée (francophone et anglophone) ;

Passage au trilinguisme : nécessaire recyclage des enseignants.

Rôle clé du Rwanda à la frontière des zones francophones et anglophones.

La promotion des langues nationales

Au départ, enseignement en français

Mise en place d’instituts chargés de travailler sur les langues africaines et d’enseigner le français

- ILA (Institut de linguistique appliquée) : en Côte d’Ivoire

- CLAD (Centre de linguistique appliquée de Dakar)

Mêmes objectifs : préparer l’introduction des langues nationales dans l’enseignement (description, codification, identification et consignation des grammaires et lexiques, élaboration de manuels, dvpt des productions littéraires)

En France,

- BELC (Bureau pour l’enseignement de la langue et de la culture française) : tenir compte de la langue des élèves. Influence sur le travail du CLAD au Sénégal.

- Crédif (Centre de recherches et d’études pour la diffusion du français) : approche universaliste.

Pb des langues maternelles : place du Mali

1994 : « nouvelle école fondamentale » (six langues maternelles : bambara, tamasheq, songhaï, soninké, peul et dogon) comme langue d’enseignement dans les premières années du primaire.

Difficultés.

Fonction identitaire.

Rôle dans le développement.

Modèle hors de l’Afrique : le Luxembourg, pays trilingue.

Caractère problématique de la « promotion des langues nationales ».

Pbs de la scolarisation en Afrique

Les états généraux de Libreville (17 au 20 mars 2003)

Etats généraux de l’enseignement du français en Afrique subsaharienne francophone

Constat de la situation de crise des systèmes éducatifs en Afrique.

Affirmation de la nécessité d’une alphabétisation dans la langue maternelle.

Mise en place d’une nouvelle norme africaine pour le français

Histoire du français en Afrique, Louis-Jean Calvet - résumé chapitre 7

- Chap.7 : très rapide mais très intéressant où L.J Calvet reprend une notion qu’il a précédemment élaborée, celle de « poids d’une langue », à propos des langues africaines (baromètre des langues du monde : accessible sur internet).

Examen de la place des langues d’Afrique francophone – présence de 8 langues dans un classement de 137 langues – absence de 3 grandes langues véhiculaires (swahili, bambara, wolof) dont la population qui les a comme première langue est inférieure à 5 millions.

Question de atouts et des faiblesses des langues parlées en Afrique francophone :

1 Toutes ces langues ont une forte fécondité.

2 Le peul : plus forte entropie

3 Hawsa : la plus parlée

4 Luba-kasai, Somali, Kinyarwanda : le plus de statut.

Comparaison avec les langues d’Afrique anglophone : meilleur rang au niveau du nombre d’articles dans wikipédia, du nombre de traduction en tant que langue cible ou source – transcrition rapide des langues africaines et introduction dans l’enseignement scolaire.

Situation linguistique de l’Afrique francophone :

1. Une langue de statut international, le français.

2. 8 langues classées dans le baromètre

3. Des langues véhiculaires de grande diffusion

4. Un grand nombre d’autres langues africaines

Valeur globale/valeur locale – difficulté de prendre en compte la valeur identaire d’une langue.

Histoire du français en Afrique, Louis-Jean Calvet - résumé chapitre 6

- Chap.6 : perspective sociolinguistique : rôle des villes

1. Faible taux d’urbanisation actuelle (40% contre 50% au niveau mondial), mais en rattrapage. L’urbanisation débute avec les indépendances, au début des années 60.

2. Question de la diversité linguistique africaine (30% des langues du monde) : zone de monolinguisme et zone de plurilinguisme.

3. Ville : lieu de brassage, lieu de contact entre les diverses langues nationales et la langue officielle. Double conséquence :

§ Emergence d’une langue véhiculaire (langue nationale ou français) : la ville, facteur d’unification.

§ Apparition de nouvelles formes linguistiques.

Le rôle du marché : émergence de langues véhiculaires.

§ Dakar (wolof, peul, français/mais + de 20 langues parlées dans la ville)

§ Bamako : bambara

§ Niamey : zarma, haussa

§ Brazzaville : lingala, munukutuba

Dans ce cas, le français ne joue pas de rôle sociologique, mais purement officiel (école, administration, vie politique), parlé par environ 20% de la population.

§ contre-exemple de Libreville (Gabon) : enquête de 1999 : 80 langues parlées (origine de la population : 50% de l’intérieur du pays, 10% de pays voisins), dont 4 langues émergent : français (26,3%), fang (23%), punu (9,2%), nzébi (5,8%).

§ Kigali (Rwanda) : présence d’une langue d’unification, le kinyarwanda – faible taux d’urbanisation (capitale : 10% de la population) dû à la politique coloniale belge, fixant les populations dans les collines.

Situation de contact entre francophonie et angolophonie (raisons géographique et économique).

Emergence du kiswahili comme 3e langue véhiculaire

La forme des langues

L’urbanisation affecte la forme des langues :

§ Wolof : disparition du système de classe.

Niveau lexical : nombre des emprunts au français.

Etude de Ndiassé Thiam : exemple du wolof à Dakard

Simplification/ hypersimplication morphologique des formes de singulier et de pluriel. Tensions entre les locuteurs des différentes formes : les formes urbaines sont contestées par les locuteurs de la forme traditionnelle de la langue, jugées pseudo-européennes/ inversement, les citadins vont juger les formes traditionnelles comme rurales. Opposition (Manessy) : vernaculaire/véhiculaire. Rapport diglossique : forme urbaine = forme haute, forme rurale = forme basse.

Mise en parallèle de l’usage du français et de la forme urbaine du wolof.

Mais nouvelle dimension : revernacularisation due à l’émergence d’une bourgeoisie ne connaissant pas le français.

Parler mixte : syntaxe wolof / voc français.

§ Le lingala (Congo-Zaïre) : unification des formes plurielles (la forme ba se substitue aux autres formes)

Chronique de morts annoncées ?

Question de la réduction du nombre des langues. « L’urbanisation pourrait bien se révéler fatale à la pluralité linguistique. »

Parallèle avec la situation française : la capitale, comme « pompe qui aspirait du plurilinguisme et recrachait du monolinguisme ».

Idem pour Mexico : 73 langues indigènes, mais les migrants parlant une forme dialectale d’espagnol : passage à l’espagnol à la 2e génération, à la 3e pour ceux parlant une langue indigène.

§ Libreville (situation très spécifique) : pour les locuteurs du français, du fang ou du punu, perte de la langue du père ou de la mère.

§ Parallèle possible avec la Côte d’Ivoire.

Analyse d’un point de vue écolinguistique :

Dans une niche écolinguistique plurilinguistique, rapport entre les langues : rapport proie/prédateur – possibilité d’une analyse en termes darwiens.

Rôle des facteurs identitaires comme frein à la diminution des langues.

Histoire du français en Afrique, Louis-Jean Calvet - résumé chapitre 5

Ch.5, assez décevant – sans doute dû au fait qu’il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation. On reste au niveau de l’anecdote à propos des particularités du « français d’Afrique » sans que soit engagée une véritable réflexion ou la tentative d’élaborer un modèle théorique pour rendre compte de ces spécificités. Sans doute la réflexion menée par Gabriel Manessy – dont le nom est cité de façon rapide – autour des concepts de véhicularisation et créolisation sur le français d’Afrique aurait apporté des éléments de théorisation intéressant.

1. D’abord, Mauny (1952) : glossaire (on reste au niveau lexical, bof...) des « gens de France »... Calvet est plutôt laudateur, mais l’entreprise de Mauny semble bien, bien limitée – mise à l’écart du phénomène des créoles et des « petits-nègres », qui sont les lieux où se joue véritablement la réappropriation d’une langue de dominants par les dominés.

2. Constitution du domaine d’études (p.126 et sqt.) encore flou : dans la deuxième moitié des années 70, études lexicales (dictionnaires), programme d’études. Revue de l’Observatoire du français contemporain en Afrique – consultable en linge (unice.fr/ILF-CNRS/ofcaf/)

Problème de la définition de l’objet même : français d’Afrique, français en Afrique, sabir, pidjin, forme populaire...

Calvet ne prend guère parti dans ce débat...

3. Acclimatement et acclimatation (la distinction –empruntée à la biologie – jouant sur la capacité à survivre et celle à se reproduire) : écolinguistique, Calvet réintègre la réflexion dans le cadre de sa réflexion théorique.

Lien entre acclimation et modification : s’acclimiter implique qu’on s’adapte et se transforme.

Conséquence du phénomène d’acclimation : diversification des langues (français, anglais, espagnol, arabe).

Ex. Du camfranglais : « ma remé est au kwat ».

Abidjan : français standard-académique/ « français Moussa » / nouchi :

1-1la fille m’a volé subtilisé mon argent.

1-2fille-là a prend mon argent.

1-3la go a mono mon pia

nouchi: émerge au début des années 80 parmi les jeunes déscolarisés dans un but cryptique, adopté par les lycéens et les étudiants dans les années 90.

Opposition entre « appropriation fonctionnelle » et « appropriation identitaire ».

Camfranglais : extrème diversité et fragmentation ; autonomie par rapport au français.

Notion de parler mixte (Ambroise Queffélec) ; question du rapport à la présence/absence d’une langue véhiculaire (à relativiser : Gabon : pas de langue véhiculaire, mais pas non plus de parler mixte.)

Rapport à la pression normative du français Phénomène urbain.

Ce qui est intéressant ici, c’est la diversité des fonctions que les linguistes attribuent finalement à ces parles mixtes : parlers propres à une classe d’âge, à une catégorie sociale ou au contraire parlers à fonction véhiculaire, c’est-à-dire le contraire même.

4. Une régularisation du français

Dominante dans les néologismes des formes verbales du 1er groupe. Même phénomène pour les dérivations nominales (tendance commune au français de France, au français du Québec)

On ne sera sans doute pas surpris d’apprendre que...

On reste ici encore une fois à un niveau fondamentalement lexical.

Ces remarques permettent à L.J Calvet de poser la question de « l’avenir du français en Afrique » :

Distinction entre deux niveaux :

1-1niveau des politiques linguistiques : problème de la présence

1-2avenir formel et fonctionnel.

Ex. d’Allah n’est pas obligé de Kourouma.

Le chap se conclue avec les propos de Manessy sur la valeur de ces français d’Afrique comme appropriation d’une langue par les Africains.

Question de l’école : quelle langue y enseigner ?

Citation de Sartre : « défranciser » la langue

Histoire du français en Afrique, Louis-Jean Calvet - résumé chapitre 4

Chapitre 4.

Le cas du Congo belge.

1885 : conférence de Berlin : le Congo est attribué à Léopold II de Belgique – 1908 Congo belge.

2 langues officielles : le français et le flamand.

L’enseignement est d’emblée laissé au soin des missions religieuses.

Encadrement de l’enseignement : deux circulaires

- Une publiée à Bruxelles en 1929

- Une publiée au Congo belge en 1938

Opposition entre les politiques linguistiques et scolaires françaises et belges :

- La France exporte son modèle jacobin centralisateur

- La Belgique : plus attentive à l’existence des langues africaines.

Reconnaissance du flamand comme langue officielle : 1898

Situation complexe :

- deux ensembles (Belgique/Congo)

- deux couples : français/flamand

français/ langues africaines

- deux diglossies : français/langues africaines

langue véhiculaires/ autres langues locales

4 langues véhiculaires sur le territoire congolais :

- le lingala

- le ciluba (tshiluba)

- le kikongo

- le swahili (kiswahili)

Organisation de l’enseignement au Congo à partir des années 20 :

1. écoles officielles (« groupes scolaires ») : dans les centres urbains, avec un programme proche de celui de l’école en Belgique – français, langue d’enseignement.

2. Ecoles libres : subventionnées par l’Etat, régies par une convention (1906) entre l’administration coloniale et l’Eglise catholique ; programmes fixés en 1929, puis 38. L’enseignement y commençait en langue africaine, avant de passer parfois au français.

3. Ecoles privées – indépendantes.

4. Les écoles laïques – organisées par l’administration : existence éphémère.

Organisation du cursus :

A. Enseignement primaire – école primaire du 1er degré (2 ans)/ école primaire du 2e degré (3 ans + une 6e année, préparatoire à l’enseignement secondaire, pour les garçons)

B. Enseignement secondaire/écoles spéciales :

1. Garçons : a) école moyenne (4 ans), b) école normale (4 ans)

2. Filles : a) école normale (3 ans), b) école ménagère (3 ans)

Spécificité de la niche écolinguistique du Congo :

Extême variété linguistique avec quelques langues véhiculaires.

Analyse de la « brochure jaune » (1929)

Distinction du contenu d’enseignement en fonction du type d’école :

- Opposition rural/ urbain

- Ecoles primaires du premier degré (2 ans – immense majorité des enfants) : rurales et urbaines : préparer au travail agricole, enseignement des rudiments d’écriture et de lecture dans la langue de l’enfant.

- Ecoles primaires du second degré (purement urbaines ; uniquement l’« élite » du premier degré) : place centrale du missionnaire, directeur et dispensant certains cours, notamment de langue française.

- Ecoles spéciales :

1. sections des candidats commis (destinés à l’administration, aux entreprises privées) – substituer aux employés subalternes européens une main-d’œuvre locale.

Description sémiologique de l’imaginaire que le Blanc a de lui-même : nécessité d’inculquer au futur employé noir un « savoir-vivre » occidentale, de l’« européaniser ».

Envisager une transition des langues indigènes au français.

2. Sections normales

Former des « instituteurs de couleur », « apôtre et modèle »

Retour de l’opposition rural/urbain : exigences moins fortes pour les instituteurs ruraux (simples rudiments de « langue nationale »)

3. Sections professionnelles (ouvrier, artisans, contremaîtres) : la « langue indigène » domine.

« Organisation de l’enseignement libre avec le concours des missions nationales » (1938)

Expression d’une volonté politique nette.

Vision plus nette de la réalité linguistique congolaise : 4 langues véhiculaires sont explicitement dégagées ; choix de ces langues comme langues d’enseignement ; affirmation de la nécessité d’enseigner la « langue nationale » au niveau supérieur – créer un lien entre l’élite congolaise et la métropole.

On retrouve systématisée l’opposition rurale/urbain.

Un révélateur : la controverse de Coquilhatville

Actualité du débat sur les langues d’enseignement.

Coquilhatville, capitale de la province de l’Equateur (aujourd’hui, Mbandaka) : entre 1940-1945, 9953 Congolais et 417 Blancs.

Conflit entre l’inspection diocésaine et les frères des écoles chrétiennes

portant sur la question des programmes à adopter au niveau de l’école primaire de premier degré (question de la langue d’enseignement et question aussi de savoir s’il faut ou non accepter les enfants des campagnes) :

- Programme de l’école publique (i-e, le français)

- Programme de l’école libre

Conflit entre une position assimilationniste (la direction des frères des écoles chrétiennes) et une position indigéniste (l’inspection diocésaine) :

Pour l’inspection, enseigner en français, c’est arracher l’indigène à sa culture et risquer d’en faire un libéral et un athée.

On retrouve dans les années qui précèdent l’indépendance le même débat chez les Congolais mêmes (1952-1955, dans la presse).

La question français/flamand ne se pose jamais réellement : le flamand n’est enseigné qu’après la 2e guerre mondiale de façon limitée et vite abandonné.

Le couple français/langues africaines : situation où les Blancs défendant l’usage des langues africaines et où les Noirs « évolués » penchent pour l’usage du français.

Diversité des enjeux qui traversent le débat sur la langue d’enseignement

Indépendance : opposition entre les partisans du français et des partisans des langues locales.

Dans un premier temps, victoire des premier : Programme national de l’enseignement primaire (1963) avec le français comme langue d’enseignement dès la 1ère année.

Renversement avec Mobutu et la politique d’authencité.

Du côté des partisans des langues locales, un problème surgit : quelle langue choisir ? problème lié à l’extrême diversité linguistique du Congo : Opposition entre

- les partisans des langues véhiculaires

- ceux des langues maternelles.

Diversité des arguments qui recouvrent des intérêts différents.