jeudi 29 décembre 2011

l'Abbé d'Aubignac, Projet pour le rétablissement du théâtre françois


Repris sur archive.org, le texte de l'abbé d'Aubignac qui clôt la Pratique du théâtre (1657). 
Texte important s'inscrivant de façon explicite dans le cadre de la politique menée par Richelieu pour rétablir le théâtre français dans sa dignité. 
Examen des arguments des anciens pour condamner le théâtre et leur réfutation.

PROJET Pour le Rétablissement du Théâtre François.

Les causes qui empêchent le Théâtre François de continuer le progrès qu'il a commencé de faire depuis quelques années, par les soins et les liberalitez de feu Monfieur le Cardinal de Richelieu, se peuvent réduire à six chefs :
Le premier est, la Créance commune, Que d'assister c'est pêcher contre les règles du Christianisme.
Le second est, l'infamie dont les Loix ont noté ceux qui font la profession de Comédiens publics.
Le troisième est les défauts & les manquemens qui se rencontrent dans les Representations.
Le quatrième, les mauvais Poèmes qui s'y representent indifféremment avec les bons.
Le cinquième , les mauvaises Décorations.
Et le sixième , les Desordres des Spectateurs.

Pour commencer par la Créance commune, il est vrai que les anciens Pères de l'Eglise ont toujours défendu le Théâtre aux Chrétiens, & cela pour deux raisons. La première (qui n'a point encore été reconnue de perfonne) est que la Répresentation des Comédies etoit anciennement un Acte de Religion, & faisoit partie du culte des faux-Dieux; cela est fans doute, & facile à montrer par mille témoignages des plus fameux Ecrivains de l'Antiquité. Et les premiers Pères de l'Eglise ont condamné les Chrétiens qui y assistoient, comme participans à l'Idolâtrie, à laquelle ils avoient renoncé par le Baptême : ce que l'on peut reconnoitre aisement dans tous les écrits de Minutius, de Tertulien, de S. Cyprien, de S. Augustin,de Lactance & de tous les autres.
La seconde raison étoit fondée sur les impuretez qui s'y disoient, & qui s'y representoient par les Mimes, Pantomimes, Sauteurs, et Bateleurs qui avoient pour leur partage les Dithyrambes, Phales, Ithyphales, les Priapées, & autres reprefentations honteuses & deshonnêtes, propres au culte de Bacchus, à qui le Théâtre étoit consacré comme à son Auteur, & de Venus sa Compagne.
Quant à la première raison, qui concernoit la Religion Payenne, elle cesse maintenant; puis que les Comédies ne sont que des divertissemens agréables, & non plus des cérémonies d'impiété à l'honneur des Ido!es ; mais il est necessaire d'en bien instruire le Public.
Pour la seconde raison, bien qu'elle ait été absolument bannie du Théâtre de feu Monsieur le Cardinal de Richelieu , il en reste encore néanmoins quelque trace sur ceux du Public , non seulement dans des Farces sales & des-honnêtes ; mais encore dans les Poèmes où les Auteurs, par un mauvais désir de plaire au petit peuple, répresentent des Histoires impudiques & de mauvais exemple : ce que les Chrétiens ont sujet de condamner, & qu'un homme d'honneur n'approuvera jamais ; & jusqu'à tant que le Théâtre soit aussi pur devant le peuple qu'il l'étoit devant M. le Cardinal de Richelieu, l'on aura juste sujet de croire qu'il est contre la sainteté de l'Evangile & contre les bonnes mœurs.

A l'égard de l'Infamie de ceux qui montent sur le théâtre elle étoit juste autrefois, mais maintenant elle ne l'est plus.
Pour bien entendre ce point , il faut fçavoir , Qu'il y avoit deux fortes d'Acteurs parmi les Anciens, les Mimes & Bateleurs, dont nous avons parlé; & les Comédiens dont le nom comprend maintenant ceux qui jouoient les Comédies & les Tragédies. Et comme ces deux sortes de gens étoient differens aux choses qu'ils representoient, en la manière de representer, aux lieux où ils jouoient, & aux habits qu'ils portoient, ainsi qu'on le peut prouver aisément, ils furent aussi traitez différemment.
Les premiers furent déclarez infâmes dans les derniers temps par les Romains, encore qu'au commencement cela n'eût pas été parmi eux, non plus que parmi les Grecs.
Mais les Comédiens n'ont jamais reçu cette disgrace, aiant toujours été traitez avec honneur par les personnes de grande condition, & capables de toute societé civile : ce que l'on peut justifier par beaucoup de rencontres, & même de ce que les Poètes Dramatiques, dont aucuns ont été Généraux d'Armée, jouoient quelquefois eux-mêmes le principal Personnage de leurs Pièces ; & s'ils ont été quelquefois maltraitez à Rome après la mort des Tyrans sous lesquels ils avoient servi, ce fut par maxime d'Etat comme amis des mauvais Princes, & non par règle de Police comme ennemis des bonnes mœurs.
Or en France la Comédie a commencé par quelque pratique de pieté , étant jouée dans les Temples, & ne representant que des Histoires saintes ; mais elle dégénéra bien-tôt en Satyres & bouffonneries, autant contraires à l'honnêteté des mœurs, qu'à la pureté de la Religion. Elle fut quelque temps ainsi mal-traitée par les Basochiens qui furent comme les premiers Comédiens en ce Roiaume; & enfin par les Bateleurs publics, parmi lesquels elle a demeuré plusieurs années, avec autant de honte que d'ignorance, jusqu'à n'avoir pas seulement une toile pour cacher les Acteurs qui n'avoient plus rien à faire sur la Scène , & jufqu'à rendre la focieté des Comédiens comme une Troupe de perdus & de débauchez; & la licence de cette vie attirant beaucoup de jeunes hommes par diverses considérations, les Rois les notèrent d'infamie pour divertir de cette débauche licentieuse les enfans de bonne famille par la honte publique, & la crainte d’etre à jamais incapables d'approcher les gens d'honneur.
Et comme la Comédie ne recevoit aucune perfection dans l’art, ni aucune correction dans les mœurs, elle a été long-temps peu recherchée, & ceux qui en ont fait profession, toujours mesestimez ; de sorte que les personnes de condition relevée ont refusé d'imiter les Anciens, c'est à dire de contribuer comme eux aux dépenses necessaires pour lui rendre son éclat, parce qu'ils ont cru que c'eût été entretenir l'exemple du vice, & autoriser l’infamie de cette débauche.

De ces deux considérations est venue la troisième cause, qui arrête le progrez de la Comédie, je veux dire, les défauts des Representations.
L'estime que les Anciens ont fait de la Comédie, donnoit sujet à beaucoup d'habiles gens d'en faire profession, & comme la gloire des Magistrats qui en avoient soin, & la fortune des Choragues ou Entrepreneurs, avec lesquels ils traittoient , dependoient de la réussite des Jeux, ils prenoient beaucoup de peine à choisir de bons Acteurs, & à leur faire tout exécuter parfaitement; si bien qu'ils avoient diverses Troupes de Comédiens, & fort excellens ; au lieu que jusqu'ici peu de perfonnes instruites aux bonnes lettres ont monté sur Théâtre, en étant retenus, ou par la créance de pêcher, ou par la crainte de l'infamie : de sorte que ceux qui s'en mêlent, etant la plupart ignorans aux Spectacles, ils les rejettent, ou en négligent la représentation ; & n'aiant connoissance des passions, voire même ne sachant qu'a peine la langue Françoise, ils expriment imparfaitement ce qu'ils recitent , & fouvent au contraire de ce qu'ils doivent. Au reste quand il s'est trouvé quelque bon Auteur digne de l'ancien Théâtre, il a presque toujours été mal fécondé ; & lors qu'il a manqué, il a presque été impossible d'en réparer la perte, ce qui met la Comédie à la veille de sa ruine.

La quatrième cause fondée sur les mauvais Poëmes ne regarde point les Modernes qui ont établi leur estime par beaucoup d'Ouvrages excellens, mais voici ce qu'il y faut considerer.
Il eft bien mal-aisé que les Anciens nous ayent laissé beaucoup de mauvaises Pièces de Théâtre, parce qu'elles étoient & vues & examinées par les Magistrats ; & qu'ils travailloient pour la gloire seulement, & pour obtenir un prix qui étoit ajugé avec beaucoup de cérémonie, en de saintes & grandes solemnitez, à celui qui avoit le mieux satisfait les Juges & les Spectateurs ; mais nous sommes bien éloignez de cette méthode.
A l'origine de la Comédie, comme nôtre Poësie étoit très-mauvaise en la vérification , elle fut aussi fort defectueuse aux Pièces de Théâtre ; & j'en ai vu qui étoient composées de quarante-huit Actes, ou Scènes, sans aucune autre distinction. Au siècle de Ronsard elle commença à se former par Jodelle, Garnier, Belleau, & quelques autres qui se contentoient
de faire de beaux discours, mais trop grands , & sans aucun art , ni representation agréable. Hardy fit au contraire, cherchant à plaire au peuple par la variété des choses representées ; mais sans aucune connoissance du Théâtre que sa neceffité ne lui permit pas d'étudier : Enfin feu M. le Cardinal de Richelieu soutenant les veilles & les travaux des Poètes par ses bienfaits, a mis la Comédie en l'état où nous la voîons maintenant paroitre, bien éloignée néanmoins encore de sa perfection, & même de celle qu'elle avoit acquise de son temps.
Car comme il naît tous les jours de nouveaux Poëtes par le desir de la gloire ou de la recompense , & qu'ils ne peuvent pas être tous excellens, on void bien souvent sur le Théâtre des Poèmes qui ne sont pas dignes d'y monter, ce qui procède du peu d'experience, & quelquefois de la presomption des nouveaux Poètes, & même de l'ignorance des Comédiens qui sont seulement capables de juger de certaines choses, & non pas de toutes ; à fçavoir, de celles qu'ils ont pratiquées, & non pas des nouvelles inventions, & sur tout du peu de soin qu'ils prennent à repasser & éprouver leurs Pièces devant des personnes capables, avant que de les exposer au public : Ajoutez la difficulté qu'il y a de juger d'une Pièce de Théâtre par la lecture ; car souvent il arrive que les moins agréables à lire, sont les plus parfaites en la reprefentation ; & qu'au contraire, celles que l'on trouve merveilleuses sur le papier, se trouvent quelquefois tres-defectueuses sur le Théâtre, la raison est , la différence qu'il y a de s'imaginer une action dans la lecture, ou de la voir devant ses yeux dans la representation. Les choses belles à dire, ne le sont pas toujours à faire, la douceur de la lecture rend certaines choses agréables, & en fait passer d'autres pour molles & foibles ; au lieu que la véhémence du Récit change les agréables en indécentes, & fortifie les foibles : Tous lesquels défauts des Representations, diminuant l'excellence des Comédies, decréditent les Acteurs & les Poëtes, & entretiennent le peuple dans la créance que le Théâtre n'est pas une bonne chose.

La cinquième cause touchant les Décorations est encore très-imposante, chez les Anciens, les Magistrats & autres grands Seigneurs, qui donnoient au peuple les divertissemens des Spectacles, ou par l'obligation de leur charge, ou pour acquérir la bienveillance publique, en faisoient toutes les décorations à leurs dépens, les Comédiens n'y contribuoient en rien ; de forte qu'elles étoient parfaites , magnifiques & trèsconvenables au deflein du Poète, & cela ne doit pas être contesté.
Mais maintenant ce sont nos Comédiens , quoi que peu accommodez en leurs affaires, qui font tous ces frais, & qui pour se soulager y emploient le moins qu'il leur ait possible, rendant par ce moien les Décorations du Théâtre imparfaites, très mauvaifes, & tout-à-fait indignes des inventions de nos Poètes.
Quant aux Desordres des Spectateurs , il faut considerer qu'il n'y eût jamais de seureté pareille à celle des Théâtres anciens, où tout se faisoit par l'ordre des Magistrats presens ; ce que l'on peut justifier par de belles observations ; mais parmi nous , il n'y en a point du tout, par la licence que plusieurs mal-vivans ont de porter l'épée dans les lieux destinez aux divertissemens publics, & d'y attaquer insolemment des gens d'honneur, qui n'ont point d'autres armes pour leur defence que l'authorité des Loix.
Davantage dans l'ancien Théâtre tout y étoit si paisible, que les femmes, qui n'osoient presque sortir de leur appartement, y alloient avec leurs enfans en toute liberté.
Mais ici les Representations font incessamment troublées par de jeunes débauchez , qui n'y vont que pour signaler leur insolence, qui mettent l'effroi par tout , & qui souvent y commettent des meurtres.
Ajoutez que les sieges des Spectateurs étoient autresfois si bien ordonnez, que chacun étoit placé commodément, & que l'on ne pouvoit faire aucun desordre pour changer de place ; au lieu que maintenant les Galleries, & le Parterre font très-incommodes, la plupart des loges étant trop éloignées & mal situées, & le Parterre n'ayant aucune élévation , ni aucun siege : Si bien que la feureté n'y étant point, les gens d'honneur ne s'y veulent pas exposer aux Filoux, les Dames craignent d'y voir des épées nues, & beaucoup de personnes n'en peuvent souffrir l'incommodité : ainsi le Théâtre étant peu fréquenté des honnêtes gens, il demeure décredité comme un simple Bâtelage, & non pas estimé comme un divertissement honnête.

(a) Pour remédier à tous ces desordres, il est necessaire avant toute chose, que le Roi fasse une Déclaration qui porte d'une part, Que les Jeux du Théâtre n'étant plus un acte de Religion & d'Idolâtrie, comme autresfois, mais seulement un divertissement public ; & d'un autre côté que les Representations y étant réduites dans l'honnêteté, & les Comédiens ne vivant plus dans la débauche & avec scandale : (ce qui avoit obligé les Rois ses predecesseurs de les déclarer infâmes) Sa Majefté lève la notte d'infamie décernée contr'eux par les Ordonnances & Arrêts ; avec defence neantmoins de ne rien dire ni faire sur le Théâtre contre les bonnes mœurs, sous les peines qui sont portées, ni de commettre aucune action en leur vie particulière contre l'honnêteté , à peine d'être chassez du Théâtre, & de retomber dans la première infamie dont ils avoient été notez.
Et pour y conferver la bien-feance, Ne pourront les filles monter sur le Théâtre, si elles n'ont leur père ou leur mère dans la Compagnie. Que les veuves feront obligées de se remarier dans les six mois d'après l'an de leur deuil au plus tard , & ne joueront point dans l'an du deuil, sinon qu'elles fussent remariées.
Pour l'exécution de cette Déclaration S. M. établira une personne de probité & de capacité comme Directeur, Intendant, ou Grand-Maître des Théâtres & des Jeux publics de France, qui aura soin que le Théâtre se maintienne en l'honnêteté, qui veillera sur les actions des Comédiens, & qui en rendra compte au Roi, pour y donner l'ordre necessaire.
Par ce moien les deux premières causes qui empêchent le rétablissement du Théâtre cesseront ; on y assistera sans scrupule de conscience, l'impureté en étant retranchée ; & l'on aura les Comédiens, en bonne estime par la créance de leur bonne vie, sur tout quand on verra qu'ils n'y pourroient être maintenus autrement. Ce fut par une semblable Déclaration que les Empereurs Romains reformèrent le Théâtre quand il fut corrompu.
(a) La troisième cause cessera pareillement, car cette profession n'étant plus infamante, ceux qui s'en trouveront capables , s'y presenteront librement par l'espoir du gain & de l'honneur ; & l'Intendant du Théâtre aura lui-même soin d'en chercher dans les Collèges, & dans les Troupes qui vont par les Provinces , & les obligera d'étudier les Reprefentations des Spectacles, aussi bien que les Récits & les Expressions des sentimens, afin qu'on n'y voie rien que d'achevé ; Et pour cet effet personne ne pourra être associé dans une Troupe que par Brevet du Roi, donné sur un Certificat de sa capacité & probité qui lui fera délivré par l'Intendant, après en avoir fait l'épreuve. Ainsi l'on n'aura jamais faute de bons Acteurs, & les Representations ne feront plus defectueuses.
(b) La quatrième cause qui regarde les Poètes sera traittée avec quelque modération ; car pour ceux qui sont maintenant approuvez par l'excellence & le grand nombre de leurs Poèmes, ils seront seulement obligez de faire voir leurs Pièces à l'Intendant, pour en examiner l'honnêteté & la bien-séance, le reste y demeurant au péril de leur réputation.
Mais pour les nouveaux Poètes , leurs Pièces seront examinées par le même Intendant, & reformées selon tes ordres ; si bien que le Théâtre ne fera point chargé de mauvaises Pièces, ni les Comédiens sujets d'en recompenser plusieurs qui leur sont après infructueuses.
(a) Et pour le rétablissement des Décorations, elles seront faites par les soins de l'Intendant qui employera des gens habiles aux dépens du public, & non des Comédiens , qui ne seront chargez d'autres frais que de leurs vêtemens particuliers, & de la recompense qu'ils donneront aux Poètes ; les Décorateurs ordinaires ne seront pas même a leur charge.
(b) A l'égard de la sixième, en ce qui concerne la seureté & la commodité des Spectateurs , le Roi fera defence a tous Pages & Laquais d'entrer au Théâtre à peine de la vie, & a toutes personnes de quelque condition qu'elles soient d'y porter l'épée ni autres armes offensives sur les mêmes peines ; étant raisonnable que la seureté publique, qui n'y peut-être par le respect, comme dans les Palais & dans les Temples, s'y rencontre par l'égalité de ceux qui y assisteront. Pour cet effet deux Gardes ou Suisses du Roi feront posez aux portes du Théâtre, & changez de temps a autre, pour empêcher par là ceux qui voudroient contrevenir à son intention : ce qui ne fera point refusé par ses Gardes, le Théâtre perdant sa première infamie, & fe retablissant dans l'honneur qui lui est deû.
Et pour la commodité des Spectateurs, le Parterre doit être élevé en Talut, & rempli de lièges immobiles, jusqu'à ce qu'on y ait pourvu autrement ; ce qui empêchera même que les assistans ne s'y battent, n'ayant ancun espace pour le faire.
Mais pour achever la magnificence du Théâtre, l'Intendant trouvera un lieu commode & spacieux pour en dresser un selon les modelles qui seront donnez a l'exemple des Anciens ; en sorte que sa longueur & sa profondeur soient capables de toutes les grandes Representations , & où les sieges des Spectateurs soient distinguez, sans que les personnes de condition y soient meslées avec le menu peuple ; & à l'entour duquel seront bâties au dehors, des maisons pour loger gratuitement deux Troupes de Comédiens necessaires à la ville de Paris.
Pour l'achapt de la Place, construction du Théâtre selon le dessein qui en a été fait, logement des Comédiens, fournissement des Décorations extraordinaires, pensions des deux Troupes, telles que le Roi les leur a données jusques à present, appointement de l'Intendant, gages des Décorateurs , entretiens des lieux & autres frais, se trouvera un fond suffisant sans toucher aux Finances du Roi.
Ainsi l'on remédiera à l'imperfection des Spectacles que l'on rendra magnifiques & dignes de la Cour de France & de la ville de Paris ; le peuple par ce moien aura quelque image des merveilleuses Reprefentations qu'on a vues sur le Théâtre du Palais Cardinal, & du petit Bourbon & sera moins jaloux des plaisirs que les Grands doivent recevoir des magnificences de la Cour.
F I N.

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